Du mot au vin

Cette semaine je vous parle d’un livre qui fera parfaitement la transition entre mon précédent article et le prochain: Le corps, le vin et les images (1). Dans cette œuvre, on trouve donc des articles traitant de la linguistique des signes, la sémiotique, dans le contexte vinicole. Comme d’habitude, je n’ai sélectionné que les articles que j’ai jugés pertinents pour mon projet de recherche.

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Le premier chapitre de ma sélection a pour sujet le vocabulaire employé lors de la dégustation de vin. Plus précisément, l’objet de cette contribution de J. Candan est l’analyse du langage lors d’une dégustation collective. Si nous parlons le même langage, nous devrions donc mettre les mêmes termes sur des sensations identiques. Or, ce postulat se heurte à trois problématiques importantes : premièrement, nous ne ressentons pas forcément la même chose lorsque nous buvons un verre de vin (cf. amateur – expert ou plus simplement homme – femme), deuxièmement parlons-nous le même langage ? Cette question n’est pas soulevée dans l’article mais nous pouvons quand même y réfléchir quelques instants. Un sommelier utilisera un langage technique lors d’une dégustation alors qu’un consommateur occasionnel emploiera le langage du quotidien pour tenter de mettre des mots sur des saveurs. A-t-on affaire à deux langages différents ? On remarquera également la tentation de vouloir « faire comme » de certains amateurs pour se rapprocher du langage précis et élégant du sommelier. On veut appartenir à ce groupe, à cette élite via le langage. Enfin, troisièmement, décrire un vin c’est mettre des mots sur des odeurs, des goûts, … Autrement dit, donner un sens concret à quelque chose de foncièrement abstrait. Un article donc particulièrement intéressant sur les paroles et le vin.

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Un autre article traite du vin dans le cinéma américain. Contribution riche sur laquelle je ne m’attarderai pas car trop éloignée du sujet initial mais la symbolique du choix du vin (champagne – vin rouge) était suffisamment intéressante pour s’y pencher quelques instants.

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Place enfin à une contribution particulièrement intéressante de J. Fontanille, Paysages, terroirs, et icones du vin. Article très poussé et nécessitant un certain nombre de connaissances en linguistique et particulièrement en sémiotique pour ne pas être noyé dans un champ lexical complexe. Pour résumer, tous les éléments qui composent le vin au sens large : le terroir, la bouteille, l’étiquette, le vin – en tant que liquide noble – possèdent des signes propres mais qui interagissent au sein d’un système commun. Interpréter les signes d’un élément nécessite la compréhension des autres éléments et, in fine, l’identité de l’un dépend étroitement de l’autre. Saisir cet aspect est particulièrement important lorsque l’on veut vendre son vin. Par exemple, utiliser une étiquette qui véhicule un imaginaire jeune, branché, vin de soif alors que le produit contenu est un vin possédant une longue histoire dont les arômes sont subtils et la clientèle supposée avertie posera un vrai problème de communication et d’image de marque. Tout l’article repose donc sur le déchiffrage des différents signes et leurs interprétations en fonction de l’élément.

J’espère avoir été clair dans mes explications et vous avoir donné goût à la linguistique.

A bientôt.

(1) Le corps, le vin et les images. MEI (dir. Hubert CAHUZAC, Martine JOLY). Paris : L’Harmattan, 2005. 189 p

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